À quoi sert un playback
Un playback est un enregistrement instrumental sans la voix principale. Il remplace le musicien que la plupart des groupes d'enfants n'ont pas — et il le remplace mieux qu'on ne le croit, parce qu'il ne se trompe jamais de tempo et qu'il joue exactement la même chose chaque semaine. C'est ce que contiennent les packs de chants, à côté du morceau chanté.
Cette régularité est son intérêt principal. Les enfants apprennent par répétition à l'identique. Un accompagnement au piano qui varie légèrement d'une semaine à l'autre, même bien joué, leur demande de se réadapter à chaque fois ; le même fichier joué tel quel leur permet d'entrer directement dans le chant.
Le second intérêt est la voix de l'animateur. Sans playback, la personne qui mène doit chanter fort en permanence pour tenir le groupe, et sa voix ne tient pas la matinée. Avec un playback, elle peut se contenter de lancer et de soutenir.
Un playback ne dispense pas de préparer. Il faut connaître la longueur de l'intro, savoir où sont les reprises, et avoir décidé à l'avance si on chante toutes les strophes — sinon on se retrouve à couper le son au milieu d'une phrase devant trente enfants.
Karaoké, pistes séparées, partition : quelle différence
Ces trois mots désignent trois objets différents, et la confusion entre eux fait acheter le mauvais fichier. Voici ce que chacun est, et quand il sert.
Le karaoké
C'est le morceau complet, mixé, sans la voix principale. C'est le format qu'on utilise le dimanche : on le lance, le groupe chante par-dessus, il n'y a rien à régler. C'est aussi celui dont on se sert pour la trame décrite dans le guide de l'école du dimanche.
Certains karaokés conservent les chœurs pour aider le groupe à rester en place, d'autres retirent toutes les voix. Le premier cas est en général préférable avec des enfants : les chœurs jouent le rôle d'un guide et évitent que le groupe se perde dans les silences.
Les pistes séparées, ou stems
Ce sont les éléments du morceau livrés séparément — la batterie d'un côté, la basse d'un autre, les claviers, les voix. On peut alors ajuster ou retirer ce qu'on veut.
L'usage réel, avec des enfants, est presque toujours le même : baisser ce qui masque la mélodie pendant qu'on apprend le chant, puis remettre l'ensemble une fois qu'il est su. On peut aussi ne garder que la rythmique pour travailler les gestes sans être gêné par le texte.
C'est un format d'apprentissage et de répétition, pas un format à utiliser en séance. Le dimanche matin, on lance le karaoké. Les packs contiennent les deux.
La partition et la grille d’accords
Elles ne servent qu'à une chose, mais qui compte : jouer le chant en direct quand quelqu'un en est capable. Une grille d'accords suffit pour un guitariste ou un pianiste qui accompagne — la partition complète intéresse surtout ceux qui veulent transposer.
La transposition est le cas d'usage le plus fréquent. Si un chant est trop haut pour votre groupe, une grille d'accords permet de le descendre d'un ton, ce qu'un fichier audio ne permet pas sans dégrader le son. La tonalité d'origine figure sur chaque fiche chanson.
Sur ce site, la question ne se pose pas titre par titre : tous les packs musique ont le même contenu.
- Le MP3 du morceau complet, voix comprise — la version de référence, celle que les enfants reconnaissent.
- La version karaoké : le même mixage, sans la voix principale.
- Les stems, c'est-à-dire les pistes séparées du morceau.
- Les paroles en PDF, prêtes à imprimer ou à projeter.
- La partition en PDF, avec le fichier MIDI correspondant. C'est lui qui rend immédiate la transposition évoquée plus haut : ouvert dans un logiciel de notation, le chant se descend d'un ton et se réimprime dans la nouvelle tonalité.
Projeter les paroles
Afficher les paroles change la participation, y compris chez les enfants qui ne lisent pas encore : les plus grands lisent, les petits suivent le mouvement du groupe, et les adultes présents peuvent chanter au lieu de rester spectateurs.
Trois façons de faire, par ordre de simplicité. La plus simple est souvent la bonne. Les paroles complètes de chaque titre sont lisibles sur sa fiche chanson, et fournies en PDF dans le pack correspondant.
- Des feuilles imprimées, pour les enfants qui lisent. Zéro panne possible, aucune installation, et cela reste la meilleure option pour un petit groupe.
- Un fichier PDF ou une présentation affichée en plein écran depuis un ordinateur portable. Suffisant dans la grande majorité des salles, et vous contrôlez l'avance manuellement, ce qui est plus souple qu'on ne le pense.
- Un logiciel de projection dédié — OpenLP est libre et gratuit, EasyWorship et ProPresenter sont payants. Ils gèrent une bibliothèque de chants et un double écran. Utile si vous projetez chaque semaine, disproportionné sinon.
Rendre les paroles lisibles
Quelques points qui font plus de différence que le choix du logiciel : gros caractères, quatre à six lignes maximum par écran, texte clair sur fond sombre plutôt que l'inverse, et pas d'image de fond derrière le texte. Un fond photographique, même joli, fait chuter la lisibilité pour les lecteurs débutants.
Faites défiler légèrement en avance sur le chant, jamais en retard. Un enfant qui lit lentement a besoin de voir la phrase avant qu'elle arrive.
Quel matériel pour une petite église
Le piège est de dimensionner comme pour un culte d'adultes. Un groupe d'enfants en salle demande de la clarté, pas de la puissance, et chaque élément ajouté est un élément qui peut manquer à l'appel un dimanche matin. Le guide de l'animation revient sur l'organisation de la séance elle-même.
- Un ordinateur portable avec les fichiers téléchargés en local. C'est le point le plus important de cette liste : ne dépendez jamais de la connexion internet de la salle.
- Une enceinte amplifiée, branchée sur secteur. Réglez le volume une fois dans la salle vide, puis n'y touchez plus.
- Un câble jack de bonne longueur, et un second en réserve.
- De quoi afficher les paroles : vidéoprojecteur et mur clair, ou grand écran, ou feuilles imprimées.
- Un micro seulement si la salle est grande. Dans une pièce ordinaire, un animateur sans micro tient mieux le groupe, parce qu'il doit rester proche des enfants.
Quel budget prévoir
Pas de modèles cités ici : l'entrée de gamme en sonorisation se renouvelle tous les ans, et une référence précise vieillit plus vite que le conseil qu'elle illustre. Les ordres de grandeur, eux, bougent peu.
- Un micro voix filaire, dynamique : de l'ordre de 50 à 100 €. C'est la catégorie la plus stable du marché, et au-delà vous payez des qualités qu'une salle d'école du dimanche n'entendra pas.
- Une enceinte amplifiée portable avec entrée micro : de l'ordre de 150 à 350 € selon la puissance et la présence d'une batterie. C'est le poste principal.
- Les câbles : 20 à 40 € pour un jack, un câble micro et leurs rechanges. Poste dérisoire, et le plus souvent oublié au moment de commander.
Deux remarques sur ces montants
Soit un ensemble complet autour de 250 à 450 €, acheté une fois. En dessous, on trouve des lots micro + enceinte vendus ensemble : cela fonctionne, avec une réserve — le micro fourni est en général le point faible du lot, et c'est justement lui qui porte la voix de l'animateur.
Ce budget ne couvre que le son. Pour afficher les paroles, ce qui est déjà dans la salle fait l'affaire : un ordinateur portable, un écran de télévision, ou des feuilles imprimées.